{"id":696,"date":"2025-10-25T07:51:04","date_gmt":"2025-10-25T07:51:04","guid":{"rendered":"https:\/\/aumonerie-catholique-chu.fr\/?page_id=696"},"modified":"2025-10-25T10:02:14","modified_gmt":"2025-10-25T10:02:14","slug":"la-contrition-cure-dars","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/aumonerie-catholique-chu.fr\/index.php\/la-contrition-cure-dars\/","title":{"rendered":"La contrition (hom\u00e9lie du cur\u00e9 d&rsquo;Ars)"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized is-style-rounded is-style-rounded--1\"><a href=\"https:\/\/www.arsnet.org\/le-cure-dars\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/aumonerie-catholique-chu.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Icone-de-Saint-Jean-Vianney-683x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-725\" style=\"box-shadow:var(--wp--preset--shadow--natural);width:190px\" srcset=\"https:\/\/aumonerie-catholique-chu.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Icone-de-Saint-Jean-Vianney-683x1024.jpg 683w, https:\/\/aumonerie-catholique-chu.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Icone-de-Saint-Jean-Vianney-200x300.jpg 200w, https:\/\/aumonerie-catholique-chu.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Icone-de-Saint-Jean-Vianney-768x1152.jpg 768w, https:\/\/aumonerie-catholique-chu.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/Icone-de-Saint-Jean-Vianney.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><br>Hom\u00e9lie du cur\u00e9 d\u2019Ars prononc\u00e9e un dimanche de Passion<br><br><em>Malheur \u00e0 moi, parce que j&rsquo;ai beaucoup p\u00e9ch\u00e9 pendant ma vie<\/em>. (Des Conf. de S. Augustin, liv. II, c. 10.)<br>Tel \u00e9tait., mes fr\u00e8res, le langage de saint Augustin, lorsqu&rsquo;il repassait les ann\u00e9es de sa vie, o\u00f9 il s&rsquo;\u00e9tait plong\u00e9 avec tant de fureur dans le vice inf\u00e2me d&rsquo;impuret\u00e9. \u00ab Ah, ! malheur \u00e0 moi, parce que j&rsquo;ai beaucoup p\u00e9ch\u00e9 pendant les jours de ma vie. \u00bb Et chaque fois que cette pens\u00e9e lui venait, il se sentait le c\u0153ur d\u00e9vor\u00e9 et d\u00e9chir\u00e9 par le regret. \u00ab O mon Dieu ! s&rsquo;\u00e9criait-il, une vie pass\u00e9e sans vous aimer ! \u00f4 mon Dieu, que d&rsquo;ann\u00e9es perdues ! Ah ! Seigneur, daignez, je vous en conjure, ne plus vous rappeler mes fautes pass\u00e9es ! \u00bb Ah ! larmes pr\u00e9cieuses, ah ! regrets salutaires qui, d&rsquo;un grand p\u00e9cheur, en ont fait un si grand saint. Oh ! qu&rsquo;un c\u0153ur bris\u00e9 de douleur, a bient\u00f4t regagn\u00e9 l&rsquo;amiti\u00e9 de son Dieu ! Ah ! plut \u00e0 Dieu que chaque fois que nous nous remettons nos p\u00e9ch\u00e9s devant les yeux, nous puissions dire avec autant de regret que saint Augustin : Ah ! malheur \u00e0 moi, parce que j&rsquo;ai beaucoup p\u00e9ch\u00e9 pendant les ann\u00e9es de ma vie !<br>Mon Dieu, faites-moi mis\u00e9ricorde ! Oh ! que nos larmes couleraient bient\u00f4t, et comme notre vie ne semblerait bient\u00f4t plus la m\u00eame ! Oui, mes fr\u00e8res, convenons, tous, tant que nous sommes, avec autant de douleur que de sinc\u00e9rit\u00e9, que nous sommes des criminels dignes de porter toute la col\u00e8re d&rsquo;un Dieu justement irrit\u00e9 par nos p\u00e9ch\u00e9s, qui peut-\u00eatre sont plus<br>multipli\u00e9s que les cheveux de notre t\u00eate. Mais b\u00e9nissons \u00e0 jamais la mis\u00e9ricorde de Dieu qui nous ouvre dans ses tr\u00e9sors une ressource \u00e0 nos malheurs ! Oui, mes fr\u00e8res, quelque grands que soient nos p\u00e9ch\u00e9s, quelque d\u00e9r\u00e9gl\u00e9e qu&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 notre conduite, nous sommes s\u00fbrs de notre pardon, si, \u00e0 l&rsquo;exemple de l&rsquo;enfant prodigue, nous allons nous jeter avec un c\u0153ur bris\u00e9 de douleur aux pieds du meilleur de tous les p\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><br>Quel est mon dessein, mes fr\u00e8res ? Le voici : c&rsquo;est de vous montrer que pour obtenir le pardon de ses p\u00e9ch\u00e9s, il faut :<br>I : Que le p\u00e9cheur ha\u00efsse et d\u00e9teste sinc\u00e8rement ses p\u00e9ch\u00e9s par la contrition, qui doit renfermer quatre qualit\u00e9s.<br>II : Il faut qu&rsquo;il ait con\u00e7u un ferme propos de n&rsquo;y plus retomber. Nous verrons de quelles mani\u00e8res on peut reconna\u00eetre que l&rsquo;on a vraiment un ferme propos.<br>I. \u2013 Pour vous faire comprendre ce que c&rsquo;est que la contrition, c&rsquo;est-\u00e0-dire la douleur que nous devons avoir de nos p\u00e9ch\u00e9s, il faudrait pouvoir vous faire conna\u00eetre, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, l&rsquo;horreur que Dieu en a eue lui-m\u00eame, les tourments qu&rsquo;il a endur\u00e9s pour nous en obtenir le pardon aupr\u00e8s de son P\u00e8re ; et de l&rsquo;autre, les biens que nous perdons en p\u00e9chant et les maux que nous nous attirons pour l&rsquo;autre vie : et cela, il ne sera jamais donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;homme de le comprendre. O\u00f9 vais-je vous conduire, mes fr\u00e8res, pour vous le faire conna\u00eetre ? Serait-ce au fond des d\u00e9serts, o\u00f9 tant de grands saints ont pass\u00e9 vingt, trente, quarante, cinquante et m\u00eame quatre-vingts ans \u00e0 pleurer des fautes, qui selon le monde ne sont pas des fautes ? Ah ! non, non, votre c\u0153ur ne serait pas encore touch\u00e9. Serait-ce \u00e0 la porte de l&rsquo;enfer pour y entendre les cris, les hurlements et les grincements de dents occasionn\u00e9s par le seul regret de leur p\u00e9ch\u00e9 ? Ah ! douleur am\u00e8re, mais douleur et regrets infructueux et inutiles ! Ah ! non, non, mes fr\u00e8res, ce n&rsquo;est pas encore l\u00e0 o\u00f9 vous apprendrez \u00e0 pleurer vos p\u00e9ch\u00e9s avec la douleur et le regret que vous devez en avoir ! Ah ! c&rsquo;est au pied de cette croix encore teinte du sang pr\u00e9cieux d&rsquo;un Dieu qui ne l&rsquo;a r\u00e9pandu que pour effacer nos p\u00e9ch\u00e9s. Ah ! s&rsquo;il m&rsquo;\u00e9tait permis de vous conduire dans ce jardin de douleurs o\u00f9 un Dieu \u00e9gal \u00e0 son P\u00e8re pleure nos p\u00e9ch\u00e9s, non avec des larmes ordinaires, mais avec tout son sang qui ruisselle par tous les pores de son corps, et o\u00f9 sa douleur est si violente qu&rsquo;elle le jette dans une agonie qui semble lui \u00f4ter la vie, tant elle lui d\u00e9chire le c\u0153ur.<br>Ah ! si je pouvais vous mener \u00e0 sa suite, le montrer charg\u00e9 de sa croix dans les rues de J\u00e9rusalem : autant de pas, autant de chutes, et autant de fois relev\u00e9 \u00e0 coups de pieds. Ah ! si je pouvais vous faire approcher de ce Calvaire o\u00f9 un Dieu meurt en pleurant nos p\u00e9ch\u00e9s ! Ah ! dirons-nous encore, il faudrait que Dieu nous donn\u00e2t cet amour ardent dont il avait embras\u00e9 le c\u0153ur du grand Bernard, auquel la seule vue de la croix faisait verser des larmes avec tant d&rsquo;abondance ! Ah ! belle et pr\u00e9cieuse contrition, que celui qui te poss\u00e8de est heureux ! Mais \u00e0 qui vais-je en parler, qui est celui qui la renferme dans son c\u0153ur ? H\u00e9las ! je n&rsquo;en sais rien. Serait-ce \u00e0 ce p\u00e9cheur endurci qui peut-\u00eatre depuis vingt ans, trente ans, a abandonn\u00e9 son Dieu et son \u00e2me ? Ah ! non, non, ce serait faire la m\u00eame fonction que celui qui voudrait attendrir un rocher en y jetant de l&rsquo;eau dessus, tandis qu&rsquo;il ne ferait que l&rsquo;endurcir davantage. Serait-ce \u00e0 ce chr\u00e9tien qui a m\u00e9pris\u00e9 missions, retraite et jubil\u00e9, et toutes les instructions de ses pasteurs ? Ah non, non, ce serait vouloir r\u00e9chauffer de l&rsquo;eau en y mettant de la glace. Serait-ce \u00e0 ces personnes qui se contentent de faire leurs p\u00e2ques, en continuant leur m\u00eame genre de vie, et qui tous les ans ont les m\u00eames p\u00e9ch\u00e9s \u00e0 raconter ? Ah ! non, non, ce sont des victimes que la col\u00e8re de Dieu engraisse pour servir d&rsquo;aliments aux flammes \u00e9ternelles. Ah ! disons mieux, ils sont semblables \u00e0 des criminels qui ont les yeux band\u00e9s, et qui, en attendant d&rsquo;\u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s, se livrent \u00e0 tout ce que leur c\u0153ur g\u00e2t\u00e9 peut d\u00e9sirer. Serait-ce encore \u00e0 ces chr\u00e9tiens qui se confessent toutes les trois semaines ou un mois, qui chaque jour retombent ? Ah ! non, non, ce sont des aveugles qui ne savent ni ce qu&rsquo;ils font ni ce qu&rsquo;ils doivent faire. A qui pourrais-je donc adresser la parole ? H\u00e9las ! je n&rsquo;en sais rien\u2026 \u00d4 mon Dieu ! o\u00f9 faut-il aller pour la trouver, \u00e0 qui faut-il la demander ? Ah ! Seigneur, je sais d&rsquo;o\u00f9 elle vient et qui la donne ; elle vient du ciel, et c&rsquo;est vous qui la donnez. \u00d4 mon Dieu ! donnez-nous, s&rsquo;il vous pla\u00eet, cette contrition qui d\u00e9chire et d\u00e9vore nos c\u0153urs. Ah ! cette belle contrition qui d\u00e9sarme la justice de Dieu, qui change notre \u00e9ternit\u00e9 malheureuse en une \u00e9ternit\u00e9 bienheureuse ! Ah ! Seigneur, ne nous refusez pas cette contrition qui renverse tous les projets et les artifices du d\u00e9mon ; cette contrition qui nous rend si promptement l&rsquo;amiti\u00e9 de Dieu ! Ah ! belle vertu, que tu es n\u00e9cessaire, mais que tu es rare ! Cependant, sans elle, point de pardon, sans elle, point de ciel ; disons plus, sans elle, tout est perdu pour nous, p\u00e9nitences, charit\u00e9 et aum\u00f4nes et tout ce que nous pouvons faire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Mais, pensez-vous en vous-m\u00eames, qu&rsquo;est-ce que cela veut dire, ce mot de contrition, et par quelle marque peut-on conna\u00eetre si on l&rsquo;a ? \u2013 Mon ami, d\u00e9sirez-vous le savoir ? Le voici.<br>\u00c9coutez-moi un moment : vous allez voir si vous l&rsquo;avez oui ou non, et ensuite le moyen de l&rsquo;avoir. Entrons dans un d\u00e9tail bien simple : Si vous me demandez : Qu&rsquo;est-ce que la contrition ? je vous dirai que c&rsquo;est une douleur de l&rsquo;\u00e2me et une d\u00e9testation des p\u00e9ch\u00e9s que l&rsquo;on a commis, avec une ferme r\u00e9solution de ne plus y tomber. Oui, mes fr\u00e8res, cette disposition est celle qui est le plus n\u00e9cessaire de toutes celles que Dieu demande pour pardonner le p\u00e9cheur ; non seulement elle est n\u00e9cessaire, mais j&rsquo;ajoute encore que rien ne peut nous en dispenser. Une maladie qui nous \u00f4te l&rsquo;usage de la parole peut nous dispenser de la confession, une mort prompte peut nous dispenser de la satisfaction, du moins pour cette vie ; mais il n&rsquo;en est pas de m\u00eame de la contrition ; sans elle il est impossible, et tout \u00e0 fait impossible d&rsquo;avoir le pardon de ses p\u00e9ch\u00e9s. Oui, mes fr\u00e8res, nous pouvons dire en g\u00e9missant que c&rsquo;est ce d\u00e9faut de contrition qui est cause d&rsquo;un nombre infini de confessions et de communions sacril\u00e8ges ; mais ce qu&rsquo;il y a encore de plus d\u00e9plorable, c&rsquo;est que l&rsquo;on ne s&rsquo;en aper\u00e7oit presque jamais, et que l&rsquo;on vit et meurt dans ce malheureux \u00e9tat. Oui, mes fr\u00e8res, rien de plus facile \u00e0 comprendre. Si nous avons eu le malheur de cacher un p\u00e9ch\u00e9 dans nos confessions, ce crime est continuellement devant nos yeux, comme un monstre qui semble nous d\u00e9vorer, ce qui fait qu&rsquo;il est bien rare, si nous ne nous en d\u00e9chargeons pas une fois on l&rsquo;autre. Mais pour, la contrition, il n&rsquo;en est plus de m\u00eame ; nous nous confessons, notre c\u0153ur n&rsquo;est pour rien dans l&rsquo;accusation que nous faisons de nos p\u00e9ch\u00e9s, nous recevons l&rsquo;absolution, nous nous approchons de la table sainte avec un c\u0153ur aussi froid, aussi insensible, aussi indiff\u00e9rent que si nous venions de faire le r\u00e9cit d&rsquo;une histoire ; nous allons de jour en jour, d&rsquo;ann\u00e9e en ann\u00e9e, enfin nous arrivons \u00e0 la mort o\u00f9 nous croyons avoir fait quelque bien ; nous ne trouvons et ne voyons que des crimes et des sacril\u00e8ges que nos confessions ont enfant\u00e9s. \u00d4 mon Dieu, que de confessions mauvaises par d\u00e9faut de contrition ! \u00d4 mon Dieu ! que de chr\u00e9tiens qui ne vont trouver \u00e0 l&rsquo;heure de la mort que des confessions indignes. Mais, sans aller plus loin, crainte de vous troubler ; je dis vous troubler. Ah ! c&rsquo;est bien \u00e0 pr\u00e9sent qu&rsquo;il faudrait vous conduire \u00e0 deux doigts du d\u00e9sespoir, afin que, frapp\u00e9s de votre \u00e9tat, vous puissiez le r\u00e9parer, sans<br>attendre le moment o\u00f9 vous le conna\u00eetrez sans pouvoir le r\u00e9parer. Mais venons, mes fr\u00e8res, \u00e0 l&rsquo;explication, et vous allez voir si, chaque fois que vous vous \u00eates confess\u00e9s, vous avez eu la douleur n\u00e9cessaire, et absolument n\u00e9cessaire pour avoir l&rsquo;esp\u00e9rance que vos p\u00e9ch\u00e9s soient pardonn\u00e9s.<br>Je dis que la contrition est une douleur de l&rsquo;\u00e2me. Il faut de toute n\u00e9cessit\u00e9 que le p\u00e9cheur pleure ses p\u00e9ch\u00e9s ou dans ce monde ou dans l&rsquo;autre. Dans ce monde, vous pouvez les effacer par le regret que vous en ressentez, mais non dans l&rsquo;autre. \u00d4 combien nous devrions \u00eatre reconnaissants envers la bont\u00e9 de Dieu, de ce que, au lieu de ces regrets \u00e9ternels et de ces douleurs les plus d\u00e9chirantes que nous m\u00e9ritons de souffrir dans l&rsquo;autre vie, c&rsquo;est-\u00e0-dire en enfer, Dieu se contente seulement que nos c\u0153urs soient touch\u00e9s d&rsquo;une v\u00e9ritable douleur, qui sera suivie d&rsquo;une joie \u00e9ternelle ! \u00d4 mon Dieu ! que vous vous contentez de peu de chose !<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li class=\"has-small-font-size\">Je dis que cette douleur doit avoir quatre qualit\u00e9s si une seule manque, nous ne pouvons pas obtenir le pardon de nos p\u00e9ch\u00e9s. Sa premi\u00e8re qualit\u00e9 : elle doit \u00eatre int\u00e9rieure, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans le fond du c\u0153ur. Elle ne consiste donc pas dans les larmes : elles sont bonnes et utiles, il est vrai, mais, elles ne sont pas n\u00e9cessaires. En effet, lorsque saint Paul et le bon larron se sont convertis, il n&rsquo;est pas dit qu&rsquo;ils ont pleur\u00e9, et leur douleur a \u00e9t\u00e9 sinc\u00e8re. Non, mes fr\u00e8res, non, ce n&rsquo;est pas sur les larmes que l&rsquo;on doit compter : elles-m\u00eames sont souvent trompeuses, bien des personnes pleurent au tribunal de la p\u00e9nitence et \u00e0 la premi\u00e8re occasion retombent. Mais la douleur que Dieu demande de nous, la voici. \u00c9coutez ce que nous dit le proph\u00e8te Jo\u00ebl : \u00ab Avez-vous eu le malheur de p\u00e9cher ? Ah ! mes enfants, brisez et d\u00e9chirez vos c\u0153urs de regrets ! \u00bb \u00ab Si vous avez perdu le Seigneur par vos p\u00e9ch\u00e9s, nous dit Mo\u00efse, cherchez-le de tout votre c\u0153ur, dans l&rsquo;affliction et l&rsquo;amertume de votre c\u0153ur. \u00bb Pourquoi, mes fr\u00e8res, Dieu veut-il que notre c\u0153ur se repente ? C&rsquo;est que c&rsquo;est notre c\u0153ur qui a p\u00e9ch\u00e9 : \u00ab C&rsquo;est de votre c\u0153ur, dit le Seigneur, que sont n\u00e9s toutes ces mauvaises pens\u00e9es, tous ces mauvais d\u00e9sirs ; \u00bb il faut donc absolument que si notre c\u0153ur a fait le mal, il se repente, sans quoi jamais Dieu ne nous pardonnera.<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Je dis qu&rsquo;il faut que la douleur que nous devons ressentir de nos p\u00e9ch\u00e9s soit surnaturelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire que ce soit l&rsquo;Esprit Saint qui l&rsquo;excite en nous, et non des causes naturelles. Je distingue : \u00eatre afflig\u00e9 d&rsquo;avoir commis tel ou tel p\u00e9ch\u00e9, parce qu&rsquo;il nous exclut du paradis et qu&rsquo;il m\u00e9rite l&rsquo;enfer ; ces motifs sont surnaturels, c&rsquo;est l&rsquo;Esprit Saint qui en est l&rsquo;auteur ; cela peut nous conduire \u00e0 une v\u00e9ritable contrition. Mais s&rsquo;affliger \u00e0 cause de la honte que le p\u00e9ch\u00e9 entra\u00eene n\u00e9cessairement avec lui, ainsi que des maux qu&rsquo;il nous attire, comme la honte d&rsquo;une jeune personne qui a perdu sa r\u00e9putation, ou d&rsquo;une autre personne qui a \u00e9t\u00e9 prise \u00e0 voler son voisin ; tout cela n&rsquo;est qu&rsquo;une douleur purement naturelle qui ne m\u00e9rite point notre pardon. De l\u00e0 il est facile de concevoir que la douleur de nos p\u00e9ch\u00e9s, que le repentir de nos p\u00e9ch\u00e9s peuvent venir ou de l&rsquo;amour que nous avons pour Dieu ou de la crainte des ch\u00e2timents. Celui qui dans son repentir ne consid\u00e8re que Dieu a une contrition parfaite, disposition si \u00e9minente qu&rsquo;elle purifie le p\u00e9cheur par elle-m\u00eame avant d&rsquo;avoir re\u00e7u la gr\u00e2ce de l&rsquo;absolution, pourvu qu&rsquo;il soit dans la disposition de la recevoir s&rsquo;il le peut. Mais, pour celui qui n&rsquo;a le repentir de ses p\u00e9ch\u00e9s qu&rsquo;\u00e0 cause des ch\u00e2timents, que ses p\u00e9ch\u00e9s lui attirent, il n&rsquo;a qu&rsquo;une contrition imparfaite, qui ne le justifie point ; mais elle le dispose seulement \u00e0 recevoir sa justification dans le sacrement de P\u00e9nitence .<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Troisi\u00e8me condition de la contrition : elle doit \u00eatre souveraine, c&rsquo;est-\u00e0-dire la plus grande de toutes les douleurs, plus grande, dis-je, que celle que nous \u00e9prouvons en perdant nos parents et notre sant\u00e9, et g\u00e9n\u00e9ralement tout ce que nous avons de plus cher au monde. Si apr\u00e8s avoir p\u00e9ch\u00e9 vous n&rsquo;\u00eates pas dans ce regret, tremblez pour vos confessions. H\u00e9las ! combien de fois, pour la perte d&rsquo;un objet de neuf ou dix sous, l&rsquo;on pleure, on se tourmente combien de jours, jusqu&rsquo;\u00e0 ne pouvoir manger, h\u00e9las !\u2026 et pour des p\u00e9ch\u00e9s et souvent des p\u00e9ch\u00e9s mortels, l&rsquo;on ne versera ni une larme, ni l&rsquo;on ne poussera un soupir. \u00d4 mon Dieu, que l&rsquo;homme conna\u00eet peu ce qu&rsquo;il fait en p\u00e9chant ! \u2013 Mais pourquoi est-ce, me direz-vous, que notre douleur doit \u00eatre si grande ? Mon ami, en voici la raison : Elle doit \u00eatre proportionn\u00e9e \u00e0 la grandeur de la perte que nous faisons et au malheur o\u00f9 le p\u00e9ch\u00e9 nous jette. D&rsquo;apr\u00e8s cela, jugez quelle doit \u00eatre notre douleur, puisque le p\u00e9ch\u00e9 nous fait perdre le ciel avec toutes ses douceurs ; Ah ! que dis-je ? Il nous fait perdre notre Dieu avec toutes ses amiti\u00e9s et nous pr\u00e9cipite en enfer qui est le plus grand de tous les malheurs. \u2013 Mais, pensez-vous, comment peut-on reconna\u00eetre si cette v\u00e9ritable contrition est en nous ? Rien de plus facile. Si vous l&rsquo;avez v\u00e9ritable, vous n&rsquo;agirez, vous ne penserez plus de m\u00eame, elle vous aura totalement chang\u00e9 dans votre mani\u00e8re de vivre : vous ha\u00efrez ce que vous avez aim\u00e9, et vous aimerez ce que vous avez fui et m\u00e9pris\u00e9 ; c&rsquo;est-\u00e0-dire, que si vous vous \u00eates confess\u00e9s d&rsquo;avoir eu de l&rsquo;orgueil dans vos actions et dans vos paroles, il faut maintenant que vous fassiez para\u00eetre en vous une bont\u00e9, une charit\u00e9 pour tout le monde. Il ne faut pas que ce soit vous qui jugiez que vous avez fait une bonne confession, parce que vous pourriez bien vous tromper ; mais il faut que les personnes qui vous ont vu et entendu avant votre confession, puissent dire : \u00ab Il n&rsquo;est plus de m\u00eame ; un grand changement s&rsquo;est op\u00e9r\u00e9 en lui. \u00bb H\u00e9las ! mon Dieu ! o\u00f9 sont ces confessions qui op\u00e8rent ce grand bien ? Oh ! qu&rsquo;elles sont rares ; mais que celles qui sont faites avec toutes les dispositions que Dieu demande le sont aussi !<br>Avouons, mes fr\u00e8res, \u00e0 notre confusion, que si nous paraissons si peu touch\u00e9s, cela ne peut venir que de notre peu de foi et de notre peu d&rsquo;amour que nous avons pour Dieu. Ah ! si nous avions le bonheur de comprendre combien Dieu est bon et combien le p\u00e9ch\u00e9 est \u00e9norme, et combien noire est notre ingratitude d&rsquo;outrager un si bon P\u00e8re, ah ! sans doute, que nous para\u00eetrions autrement afflig\u00e9s que nous ne le sommes pas. \u2013 Mais, me direz-vous, je voudrais l&rsquo;avoir, cette contrition, lorsque je me confesse, et je ne peux pas l&rsquo;avoir. \u2013 Mais, qu&rsquo;est-ce que je vous ai dit en commen\u00e7ant ? Ne vous ai-je pas dit qu&rsquo;elle venait du ciel, que c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 Dieu qu&rsquo;il fallait la demander ? Qu&rsquo;ont fait les saints, mon ami, pour m\u00e9riter ce bonheur de pleurer leurs p\u00e9ch\u00e9s ? Ils l&rsquo;ont demand\u00e9 \u00e0 Dieu par le je\u00fbne, la pri\u00e8re, par toutes sortes de p\u00e9nitences et de bonnes \u0153uvres ; car pour vos larmes, vous n&rsquo;y devez nullement compter. Je vais vous le prouver : ouvrez les livres saints et vous en serez convaincu. Voyez Antiochus, combien il pleure, combien il demande mis\u00e9ricorde ; cependant le Saint-Esprit nous dit qu&rsquo;en pleurant, il descendit en enfer. Voyez Judas, il a con\u00e7u une si grande douleur de son p\u00e9ch\u00e9, il le pleure avec tant d&rsquo;abondance qu&rsquo;il finit pour se pendre. Voyez Sa\u00fcl, il pousse des cris affreux d&rsquo;avoir eu le malheur de m\u00e9priser le Seigneur, cependant il est en enfer. Voyez Ca\u00efn, les larmes qu&rsquo;il verse d&rsquo;avoir p\u00e9ch\u00e9, cependant il br\u00fble. Qui de nous, mes fr\u00e8res, qui aurait vu couler toutes ces larmes et ces repentirs, n&rsquo;e\u00fbt cru que le bon Dieu les e\u00fbt pardonn\u00e9s ; cependant aucun d&rsquo;eux n&rsquo;est pardonn\u00e9 ; au lieu que d\u00e8s que David e\u00fbt dit : \u00ab J&rsquo;ai p\u00e9ch\u00e9 ; \u00bb de suite son p\u00e9ch\u00e9 lui fut remis . \u2013 Et pourquoi cela, me direz-vous ? Pourquoi cette diff\u00e9rence, que les premiers ne sont pas pardonn\u00e9s, tandis que David l&rsquo;est ? \u2013 Mon ami, le voici. C&rsquo;est que les premiers ne se repentent et ne d\u00e9testent leurs p\u00e9ch\u00e9s qu&rsquo;\u00e0 cause des ch\u00e2timents et de l&rsquo;infamie que le p\u00e9ch\u00e9 entra\u00eene n\u00e9cessairement avec lui, et non par rapport \u00e0 Dieu ; au lieu que David pleura ses p\u00e9ch\u00e9s, non \u00e0 cause des ch\u00e2timents que le Seigneur allait lui faire subir, mais \u00e0 la vue des outrages que ses p\u00e9ch\u00e9s avaient faits \u00e0 Dieu. Sa douleur fut si vive et si sinc\u00e8re que Dieu ne put lui refuser son pardon. Avez-vous demand\u00e9 \u00e0 Dieu la contrition avant de vous confesser ? H\u00e9las ! peut-\u00eatre que jamais vous ne l&rsquo;avez fait. Ah ! tremblez pour vos confessions ; ah ! que de sacril\u00e8ges ! \u00d4 mon Dieu ! que de chr\u00e9tiens damn\u00e9s !<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Elle doit \u00eatre universelle. Il est rapport\u00e9 dans la vie des Saints, au sujet de la douleur universelle que nous devons avoir de nos p\u00e9ch\u00e9s, que si nous ne les d\u00e9testons pas tous, ils ne seront pas pardonn\u00e9s ni les uns ni les autres. Il est rapport\u00e9 que saint S\u00e9bastien \u00e9tant \u00e0 Rome y faisait les miracles les plus \u00e9clatants qui remplissaient d&rsquo;admiration le gouverneur Chromos, qui, dans ce temps, \u00e9tant accabl\u00e9 d&rsquo;infirmit\u00e9s, d\u00e9sira ardemment de le voir, pour lui demander la gu\u00e9rison de ses maux. Lorsque le saint fut devant lui : \u00ab Il y a bien longtemps que je g\u00e9mis, couvert de plaies, sans avoir pu trouver un homme dans le monde pour me d\u00e9livrer ; le bruit court que vous obtenez tout ce que vous voulez de votre Dieu ; si vous voulez lui demander ma gu\u00e9rison, je vous promets que je me ferai chr\u00e9tien. \u00bb \u2013 \u00ab Eh bien ! lui dit le saint, si vous \u00eates dans cette r\u00e9solution, je vous promets de la part du Dieu que j&rsquo;adore, qui est le Cr\u00e9ateur du ciel et de la terre, que d\u00e8s que vous aurez bris\u00e9 toutes vos idoles, vous serez parfaitement gu\u00e9ri. \u00bb Le gouverneur lui dit : \u00ab Non seulement je suis pr\u00eat \u00e0 faire ce sacrifice, mais encore de plus grands s&rsquo;il le faut. \u00bb S&rsquo;\u00e9tant s\u00e9par\u00e9s l&rsquo;un de l&rsquo;autre, le gouverneur commence \u00e0 briser ses idoles ; la derni\u00e8re qu&rsquo;il prit pour la briser, lui parut si respectable qu&rsquo;il n&rsquo;eut pas le courage de la d\u00e9truire ; il se persuada que cette r\u00e9serve ne lui emp\u00eacherait pas sa gu\u00e9rison. Mais ressentant sa douleur plus violente que jamais, tout en fureur, il va trouver le saint en lui faisant les reproches les plus sanglants, qu&rsquo;apr\u00e8s avoir bris\u00e9 ses idoles comme il le lui avait command\u00e9, bien loin d&rsquo;\u00eatre gu\u00e9ri, il souffrait encore davantage. \u00ab Mais, lui dit le saint, les avez-vous bien toutes bris\u00e9es sans en r\u00e9server une seule ? \u00bb \u2013 \u00ab H\u00e9las ! fait le gouverneur en pleurant, il ne m&rsquo;en reste qu&rsquo;une petite qui, depuis bien des ann\u00e9es, est conserv\u00e9e dans notre famille ; ah ! elle m&rsquo;est trop ch\u00e8re pour la d\u00e9truire ! \u00bb \u2013 \u00ab Eh bien ! lui dit le saint, est-ce l\u00e0 ce que vous m&rsquo;aviez promis ? Allez, brisez-la et vous serez gu\u00e9ri. \u00bb Il la prend et la brise, et \u00e0 l&rsquo;instant m\u00eame il fut gu\u00e9ri. Voil\u00e0, mes fr\u00e8res, un exemple qui nous retrace la conduite d&rsquo;un nombre presque infini qui se repentent de certains p\u00e9ch\u00e9s et non de tous, et qui, semblables \u00e0 ce gouverneur, bien loin de gu\u00e9rir les plaies que le p\u00e9ch\u00e9 a faites \u00e0 leur pauvre \u00e2me, ils en font de plus profondes ; et, tant qu&rsquo;ils n&rsquo;auront pas fait comme lui, bris\u00e9 cette idole, c&rsquo;est-\u00e0-dire rompu cette habitude de certains p\u00e9ch\u00e9s, tant qu&rsquo;ils n&rsquo;auront pas quitt\u00e9 cette mauvaise compagnie ; cet orgueil, ce d\u00e9sir de plaire, cet attachement aux biens de la terre, toutes leurs confessions ne feront qu&rsquo;ajouter crimes sur crimes, sacril\u00e8ges sur sacril\u00e8ges. Ah, ! mon Dieu, quelle horreur et quelle abomination ! Et dans cet \u00e9tat ils vivent tranquilles, tandis que le d\u00e9mon leur creuse une place en enfer ! Nous lisons dans l&rsquo;histoire un exemple qui nous montre combien les saints regardaient cette douleur de nos p\u00e9ch\u00e9s comme n\u00e9cessaire pour obtenir leur pardon. Un officier du Pape \u00e9tant tomb\u00e9 malade, le Saint-P\u00e8re qui l&rsquo;estimait beaucoup pour sa vertu et sa saintet\u00e9, lui envoya un de ses cardinaux pour lui t\u00e9moigner la douleur que lui causait sa maladie et en m\u00eame temps lui appliquer les indulgences pl\u00e9ni\u00e8res. \u00ab H\u00e9las ! dit le mourant au cardinal, dites bien au Saint-P\u00e8re que je suis infiniment reconnaissant de la tendresse de son c\u0153ur pour moi, mais dites-lui bien aussi que je serais infiniment plus heureux s&rsquo;il voulait demander \u00e0 Dieu pour moi la contrition de mes p\u00e9ch\u00e9s. H\u00e9las ! s&rsquo;\u00e9crie-t-il, que me servira tout cela, si mon c\u0153ur ne se brise et ne se d\u00e9chire de douleur d&rsquo;avoir offens\u00e9 un Dieu si bon ? Mon Dieu ! s&rsquo;\u00e9crie ce pauvre mourant, faites, s&rsquo;il est possible, que le regret de mes p\u00e9ch\u00e9s \u00e9gale les outrages que je<br>vous ai faits !\u2026 \u00bb<br>Oh ! mes fr\u00e8res, que ces douleurs sont rares ; cherchez, h\u00e9las ! elles sont aussi rares que les bonnes confessions : Oui, mes fr\u00e8res, un chr\u00e9tien qui a p\u00e9ch\u00e9 et qui veut en obtenir le pardon doit \u00eatre dans la disposition de souffrir toutes les cruaut\u00e9s les plus affreuses plut\u00f4t que de retomber dans les p\u00e9ch\u00e9s qu&rsquo;il vient de confesser. !? Je vais vous le prouver par un exemple, et si, apr\u00e8s nous \u00eatre confess\u00e9s, nous ne sommes dans ces dispositions, point de pardon\u2026<br>Nous lisons dans l&rsquo;histoire du quatri\u00e8me si\u00e8cle, que Sapor, empereur des Perses, \u00e9tant devenu le plus cruel ennemi des chr\u00e9tiens, ordonna que tous les pr\u00eatres qui n&rsquo;adoreraient pas le Soleil et qui ne le reconna\u00eetraient pas pour dieu seraient mis \u00e0 mort. Le premier qu&rsquo;il fit prendre ce fut l&rsquo;archev\u00eaque de S\u00e9leucie, qui \u00e9tait saint Sim\u00e9on. Il commen\u00e7a \u00e0 essayer s&rsquo;il pourrait le s\u00e9duire par toutes sortes de promesses. Ne pouvant rien gagner, dans l&rsquo;esp\u00e9rance de l&rsquo;effrayer, il \u00e9tala devant lui tous les tourments que sa cruaut\u00e9 avait pu inventer pour faire souffrir les chr\u00e9tiens, en lui disant que si son opini\u00e2tret\u00e9 lui faisait refuser ce qu&rsquo;il commandait, il le ferait passer par de si affreux et de si rigoureux tourments qu&rsquo;il le ferait bien ob\u00e9ir, et, de plus, qu&rsquo;il chasserait tous les pr\u00eatres et tous les chr\u00e9tiens de son royaume. Mais le voyant aussi ferme qu&rsquo;une roche au milieu des mers battues par les temp\u00eates, il le fit conduire en prison dans l&rsquo;esp\u00e9rance que la pens\u00e9e des tourments qui lui \u00e9taient pr\u00e9par\u00e9s, lui ferait changer de sentiments. En chemin il rencontra un vieil eunuque qui \u00e9tait surintendant du palais imp\u00e9rial. Celui-ci, touch\u00e9 de compassion de voir un saint \u00e9v\u00eaque trait\u00e9 si indignement, se prosterna devant lui pour lui t\u00e9moigner le respect dont il \u00e9tait plein pour lui. Mais l&rsquo;\u00e9v\u00eaque, bien loin de para\u00eetre sensible au t\u00e9moignage respectueux de cet eunuque, se tourna de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 pour lui reprocher le crime de son apostasie, parce que, autrefois, il avait \u00e9t\u00e9 chr\u00e9tien et catholique. Ce reproche auquel il ne s&rsquo;attendait pas lui fut si sensible, lui p\u00e9n\u00e9tra si vivement le c\u0153ur, qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;instant m\u00eame, il ne f\u00fbt plus ma\u00eetre ni de ses larmes, ni de ses sanglots. Le crime de son apostasie lui parut si affreux qu&rsquo;il arrache les habits blancs dont il \u00e9tait rev\u00eatu et en prend de noirs, court comme un d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 se jeter \u00e0 la porte du palais, et l\u00e0 se livre \u00e0 toutes les amertumes de la douleur la plus d\u00e9chirante. \u00ab Ah ! malheureux, se dit-il, que vas-tu devenir ? H\u00e9las ! quels ch\u00e2timents as-tu \u00e0 attendre de J\u00e9sus-Christ que tu as renonc\u00e9, si je suis si sensible au reproche d&rsquo;un \u00e9v\u00eaque qui n&rsquo;est que le ministre de Celui que j&rsquo;ai si honteusement trahi\u2026 \u00bb Mais l&#8217;empereur ayant appris tout ce qui se passait, tout \u00e9tonn\u00e9 d&rsquo;un tel spectacle, lui demanda : \u00ab Quelle est donc la cause d&rsquo;une telle douleur et de tant de larmes ? \u00bb \u2013 \u00ab Ah ! pl\u00fbt \u00e0 Dieu, s&rsquo;\u00e9cria-t-il, que toutes les disgr\u00e2ces et tous les malheurs du monde me fussent tous dessus, plut\u00f4t que ce qui est la cause de ma douleur. Ah ! je pleure de ce que je ne suis pas mort. Ah ! pourrais-je encore regarder le soleil que j&rsquo;ai eu le malheur d&rsquo;adorer, crainte de vous d\u00e9plaire. \u00bb \u2013 L&#8217;empereur, qui l&rsquo;aimait \u00e0 cause de sa fid\u00e9lit\u00e9, essaya s&rsquo;il pourrait le gagner en lui promettant toutes sortes de biens et de faveurs. -\u00ab Ah ! non, non, s&rsquo;\u00e9cria-t-il ; ah ! trop heureux si je peux par ma mort r\u00e9parer les outrages que j&rsquo;ai faits \u00e0 Dieu, retrouver le ciel que j&rsquo;ai perdu. \u00d4 mon Dieu et mon Sauveur, aurez-vous encore piti\u00e9 de moi ? Ah ! si du moins j&rsquo;avais mille vies \u00e0 donner pour vous t\u00e9moigner mon regret et mon retour. \u00bb \u2013 L&#8217;empereur qui lui entendait tenir ce langage mourait de rage, et, d\u00e9sesp\u00e9rant de pouvoir rien gagner, le condamna \u00e0 mourir dans les supplices. \u00c9coutez-le allant au supplice : \u00ab Ah ! Seigneur, quel bonheur de mourir pour vous ; oui, mon Dieu, si j&rsquo;ai eu le malheur de vous renoncer, du moins j&rsquo;aurai le bonheur de donner ma vie pour vous. \u00bb Ah ! douleur sinc\u00e8re, douleur puissante, qui avez si promptement regagn\u00e9 l&rsquo;amiti\u00e9 de mon Dieu !\u2026<br>Nous lisons dans la vie de sainte Marguerite, qu&rsquo;elle eut une si grande douleur d&rsquo;un p\u00e9ch\u00e9 qu&rsquo;elle avait commis dans sa jeunesse, qu&rsquo;elle le pleura toute sa vie : \u00e9tant pr\u00e8s de mourir, on lui demanda quel \u00e9tait le p\u00e9ch\u00e9 qu&rsquo;elle avait commis qui lui avait fait verser tant de larmes. \u00ab H\u00e9las ! s&rsquo;\u00e9cria-t-elle en pleurant, comment ne pourrais-je pas pleurer ? Ah ! ou plut\u00f4t que ne suis-je morte avant ce p\u00e9ch\u00e9 ! \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de cinq ou six ans, j&rsquo;eus le malheur de dire un mensonge \u00e0 mon p\u00e8re. \u2013 Mais, lui dit-on, il n&rsquo;y avait pas l\u00e0 tant de quoi pleurer. \u2013 Ah ! peut-on bien me tenir un tel langage ! Vous n&rsquo;avez donc jamais con\u00e7u ce que c&rsquo;est que le p\u00e9ch\u00e9, l&rsquo;outrage qu&rsquo;il fait \u00e0 Dieu et les malheurs qu&rsquo;il nous attire ? \u00bb H\u00e9las ! mes fr\u00e8res, qu&rsquo;allons-nous devenir, si tant de saints ont fait retentir les rochers et les d\u00e9serts de leurs g\u00e9missements, ont form\u00e9, pour ainsi dire, des rivi\u00e8res de leurs larmes pour des p\u00e9ch\u00e9s dont nous nous faisons un jeu, tandis que nous avons commis des p\u00e9ch\u00e9s mortels, peut-\u00eatre plus que nous n&rsquo;avons de cheveux \u00e0 la t\u00eate. Et pas une larme de douleur et de repentir ! Ah ! triste aveuglement o\u00f9 nos d\u00e9sordres nous ont conduits ! Nous lisons dans la vie des P\u00e8res du d\u00e9sert, qu&rsquo;un voleur nomm\u00e9 Jonathas, poursuivi par la justice, courut se cacher aupr\u00e8s de la colonne de saint Sim\u00e9on Stylite, esp\u00e9rant que le respect que l&rsquo;on aurait pour le saint le garantirait de la mort. En effet, personne n&rsquo;osa le toucher. Le saint s&rsquo;\u00e9tant mis en pri\u00e8res pour demander \u00e0 Dieu sa conversion ; dans le moment m\u00eame, il ressentit une douleur si vive de ses p\u00e9ch\u00e9s, que pendant huit jours il ne fit que pleurer. Au bout des huit jours, il demanda \u00e0 saint Sim\u00e9on la permission de le quitter. Le saint lui dit : \u00ab Mon ami, vous aller retourner dans le monde, recommencer vos d\u00e9sordres. \u00bb \u2013 \u00ab Ah ! Dieu me pr\u00e9serve d&rsquo;un tel malheur ; mais je vous demande pour m&rsquo;en aller au ciel ; j&rsquo;ai vu J\u00e9sus-Christ qui m&rsquo;a dit que tous mes p\u00e9ch\u00e9s m&rsquo;\u00e9taient pardonn\u00e9s par la grande douleur que j&rsquo;en ai ressentie. \u00bb \u2013 \u00ab Allez, mon fils, lui dit le saint ; allez chanter dans le ciel les grandes mis\u00e9ricordes de Dieu pour vous. \u00bb Dans ce moment il tombe mort, et le saint rapporte lui-m\u00eame qu&rsquo;il vit J\u00e9sus-Christ qui conduisait son \u00e2me au ciel. \u00d4 belle mort ! \u00f4 mort pr\u00e9cieuse de mourir de douleur d&rsquo;avoir offens\u00e9 Dieu ! Ah ! si du moins nous ne mourons pas de douleur comme ces grands p\u00e9nitents, voulons-nous, mes fr\u00e8res, exciter en nous une v\u00e9ritable contrition, imitons ce saint \u00e9v\u00eaque mort derni\u00e8rement, qui chaque fois qu&rsquo;il se pr\u00e9sentait au tribunal de la p\u00e9nitence pour avoir une vive douleur de ses p\u00e9ch\u00e9s, faisait trois stations. La premi\u00e8re en enfer, la deuxi\u00e8me dans le ciel, la troisi\u00e8me sur le calvaire. D&rsquo;abord il portait sa pens\u00e9e dans ces lieux d&rsquo;horreur et de tourments, il se figurait voir les damn\u00e9s qui vomissaient des torrents de flammes par la bouche, qui hurlaient et se d\u00e9voraient les uns et les autres ; cette pens\u00e9e lui gla\u00e7ait le sang dans les veines, il croyait ne plus pouvoir vivre \u00e0 la vue d&rsquo;un tel spectacle, surtout en consid\u00e9rant que ses p\u00e9ch\u00e9s lui avaient mille fois m\u00e9rit\u00e9 ces supplices. De l\u00e0 son esprit se transportait dans le ciel et faisait la revue de tous ces tr\u00f4nes de gloire o\u00f9 \u00e9taient assis les bienheureux ; il se repr\u00e9sentait les larmes qu&rsquo;ils avaient r\u00e9pandues et les p\u00e9nitences qu&rsquo;ils avaient faites pendant leur vie pour des p\u00e9ch\u00e9s si l\u00e9gers et que lui-m\u00eame en avait tant commis et n&rsquo;avait encore rien fait pour les expier, ce qui le plongeait dans une tristesse si profonde,<br>qu&rsquo;il semblait que ses larmes ne pouvaient plus se tarir. Non content de tout cela, il dirigeait ses pas du c\u00f4t\u00e9 du calvaire, et l\u00e0, \u00e0 mesure que ses regards se rapprochaient de la croix o\u00f9 un Dieu \u00e9tait mort pour lui, les forces lui manquaient, il restait immobile \u00e0 la vue des souffrances que ses p\u00e9ch\u00e9s avaient caus\u00e9es \u00e0 son Dieu. On l&rsquo;entendait \u00e0 chaque instant r\u00e9p\u00e9ter ces paroles avec des sanglots : \u00ab Mon Dieu, mon Dieu ! puis-je encore vivre en consid\u00e9rant les horreurs que mes p\u00e9ch\u00e9s vous ont caus\u00e9es ! \u00bb Voil\u00e0, mes fr\u00e8res, ce que nous pouvons appeler une v\u00e9ritable contrition, parce que nous voyons qu&rsquo;il ne consid\u00e8re ses p\u00e9ch\u00e9s que par rapport \u00e0 Dieu.<br>II. \u2013 Nous avons dit qu&rsquo;une v\u00e9ritable contrition doit renfermer un bon propos, c&rsquo;est-\u00e0-dire une ferme r\u00e9solution de ne plus p\u00e9cher \u00e0 l&rsquo;avenir ; il faut que notre volont\u00e9 soit d\u00e9termin\u00e9e et que ce ne soit pas un faible d\u00e9sir de se corriger ; l&rsquo;on n&rsquo;obtiendra jamais le pardon de ses p\u00e9ch\u00e9s si l&rsquo;on n&rsquo;y renonce pas de tout son c\u0153ur. Nous devons \u00eatre dans le m\u00eame sentiment que le saint Roi-Proph\u00e8te : \u00ab Oui, mon Dieu, je vous ai promis d&rsquo;\u00eatre fid\u00e8le \u00e0 observer vos commandements ; j&rsquo;y serai fid\u00e8le avec le secours de votre gr\u00e2ce . \u00bb Le Seigneur nous dit lui-m\u00eame : \u00ab Que l&rsquo;impie quitte la voie de ses iniquit\u00e9s et son p\u00e9ch\u00e9 lui sera remis . \u00bb Il n&rsquo;y a donc de mis\u00e9ricorde \u00e0 esp\u00e9rer que pour celui qui renonce \u00e0 ses p\u00e9ch\u00e9s de tout son c\u0153ur et pour jamais, parce que Dieu ne nous pardonne que d&rsquo;autant que notre repentir est sinc\u00e8re et que nous faisons tous nos efforts pour ne plus y retomber. D&rsquo;ailleurs ne serait-ce pas se moquer de Dieu que de lui demander pardon d&rsquo;un p\u00e9ch\u00e9 que l&rsquo;on voudrait encore commettre ? Mais, me direz-vous, comment peut-on donc conna\u00eetre et distinguer un ferme propos d&rsquo;avec un d\u00e9sir faible et insuffisant ? Si vous d\u00e9sirez le savoir, mes fr\u00e8res, \u00e9coutez-moi un instant, je vais vous le montrer ; cela se peut conna\u00eetre de trois mani\u00e8res : 1. c&rsquo;est le changement de vie ; 2. c&rsquo;est la fuite des occasions prochaines du p\u00e9ch\u00e9, et 3. c&rsquo;est de travailler de tout son pouvoir \u00e0 se corriger et \u00e0 d\u00e9truire ses mauvaises habitudes.<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Je dis d&rsquo;abord que la premi\u00e8re marque d&rsquo;un bon propos, c&rsquo;est le changement de vie ; c&rsquo;est celui-ci qui nous le montre le plus s\u00fbrement et qui est le moins sujet \u00e0 nous tromper. Venons-en \u00e0 l&rsquo;explication : une m\u00e8re de famille s&rsquo;accusera de s&rsquo;\u00eatre souvent emport\u00e9e contre ses enfants ou son mari ; apr\u00e8s sa confession, allez la visiter dans l&rsquo;int\u00e9rieur de son m\u00e9nage ; il n&rsquo;est plus question ni d&#8217;emportement, ni de mal\u00e9dictions ; au contraire, vous voyez en elle cette douceur, cette bont\u00e9, cette pr\u00e9venance m\u00eame pour ses inf\u00e9rieurs ; les croix, les chagrins et les pertes ne lui font point perdre la paix de l&rsquo;\u00e2me. Savez-vous pourquoi cela, mes fr\u00e8res ? Le voici : c&rsquo;est que son retour \u00e0 Dieu a \u00e9t\u00e9 sinc\u00e8re, que sa contrition a \u00e9t\u00e9 parfaite et par cons\u00e9quent elle a v\u00e9ritablement re\u00e7u le pardon de ses p\u00e9ch\u00e9s ; enfin, que la gr\u00e2ce a pris de profondes racines dans son c\u0153ur, et qu&rsquo;elle y porte des fruits en abondance. Une jeune fille viendra s&rsquo;accuser d&rsquo;avoir suivi les plaisirs du monde, les danses, les veill\u00e9es et autres mauvaises compagnies. Apr\u00e8s sa confession, si elle est bien faite, allez la demander dans cette veill\u00e9e, ou bien allez la chercher dans cette partie de plaisir, que vous dira-t-on ? \u00ab Voil\u00e0 quelque temps nous ne la voyons plus ; je crois que si vous voulez la trouver, il faut aller ou \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise ou chez ses parents. \u00bb En effet, si vous voulez aller chez ses parents, vous la trouverez, et \u00e0 quoi s&rsquo;occupe-t-elle ? Est-ce \u00e0 parler de la vanit\u00e9 comme autrefois ou \u00e0 se contempler devant une glace de miroir, ou bien \u00e0 fol\u00e2trer avec des jeunes gens ? Ah ! non, mes fr\u00e8res, ce n&rsquo;est plus ici son ouvrage, elle a foul\u00e9 aux pieds tout cela ; vous la verrez faire une lecture de pi\u00e9t\u00e9, soulager sa m\u00e8re dans l&rsquo;ouvrage de son m\u00e9nage, instruire ses fr\u00e8res et s\u0153urs, vous la verrez ob\u00e9issante et pr\u00e9venante envers ses parents ; elle aimera leur compagnie. Si vous ne la trouvez pas chez elle, allez \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, vous la verrez qui t\u00e9moigne \u00e0 Dieu sa reconnaissance d&rsquo;avoir op\u00e9r\u00e9 en elle un si grand changement ; vous voyez en elle cette modestie, cette retenue, cette pr\u00e9venance pour tout le monde, aussi bien pour les pauvres que pour les riches ; la modestie sera peinte sur son front, sa seule pr\u00e9sence vous porte \u00e0 Dieu. \u2013 \u00ab Pourquoi est-ce, mes fr\u00e8res, me direz-vous, que tant de biens sont en elle ? \u00bb \u2013 Pourquoi, mes fr\u00e8res, c&rsquo;est que sa douleur a \u00e9t\u00e9 sinc\u00e8re et qu&rsquo;elle a v\u00e9ritablement re\u00e7u le pardon de ses p\u00e9ch\u00e9s. Une autre fois ce sera un jeune homme qui va s&rsquo;accuser d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 dans les cabarets et dans les jeux ; maintenant qu&rsquo;il a promis \u00e0 Dieu de tout quitter ce qui pourrait lui d\u00e9plaire, autant il aimait les cabarets et les jeux, autant maintenant il les fuit. Avant sa confession son c\u0153ur ne s&rsquo;occupait que des choses terrestres, mauvaises ; \u00e0 pr\u00e9sent ses pens\u00e9es ne sont que pour Dieu, et le m\u00e9pris des choses du monde. Tout son plaisir est de s&rsquo;entretenir avec son Dieu et de penser aux moyens de sauver son \u00e2me. Voil\u00e0, mes fr\u00e8res, les marques d&rsquo;une v\u00e9ritable et sinc\u00e8re contrition ; si apr\u00e8s vos confessions vous \u00eates ainsi, vous pourrez esp\u00e9rer que vos confessions ont \u00e9t\u00e9 bonnes et que vos p\u00e9ch\u00e9s vous sont pardonn\u00e9s. Mais si vous faites tout le contraire de ce que je viens de dire, si quelques jours apr\u00e8s ses confessions l&rsquo;on voit cette fille qui avait promis \u00e0 Dieu de quitter le monde et ses plaisirs pour ne penser qu&rsquo;\u00e0 lui plaire, si je la vois, dis-je, comme auparavant dans ces assembl\u00e9es mondaines ; si je vois cette m\u00e8re aussi emport\u00e9e et aussi n\u00e9gligente envers ses enfants et ses domestiques, aussi querelleuse avec ses voisins qu&rsquo;avant sa confession ; si je retrouve ce jeune homme de nouveau dans les jeux et les cabarets, \u00f4 horreur ! \u00f4 abomination ! \u00f4 monstre d&rsquo;ingratitude que tu fais ! \u00d4 grand Dieu ! dans quel \u00e9tat est cette pauvre \u00e2me ! \u00f4 horreur ! \u00f4 sacril\u00e8ge ! les tourments de l&rsquo;enfer seront-ils<br>assez longs et assez rigoureux pour punir un tel attentat ? <\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Nous disons que la deuxi\u00e8me marque d&rsquo;une v\u00e9ritable contrition est la fuite des occasions prochaines du p\u00e9ch\u00e9. Il y en a de deux sortes : les unes nous y portent par elles-m\u00eames, comme sont les mauvais livres, les com\u00e9dies, les bals, les danses, les peintures, les tableaux et chansons d\u00e9shonn\u00eates et la fr\u00e9quentation des personnes de sexe diff\u00e9rent ; les autres ne sont une occasion de p\u00e9ch\u00e9 que par les mauvaises dispositions de ceux qui y sont : comme les cabaretiers, les marchands qui trompent ou qui vendent les dimanches ; une personne en place qui ne remplit pas ses devoirs soit par respect humain, soit par ignorance. Que doit faire une personne qui se trouve dans une de ces positions ? Le voici : elle doit tout quitter, quoi qu&rsquo;il en co\u00fbte, sans quoi point de salut. J\u00e9sus-Christ nous dit que \u00ab si notre \u0153il ou notre main nous scandalise, nous devons les arracher et les jeter loin de nous, parce que, nous dit-il, il vaut beaucoup mieux aller au ciel avec un bras et un \u0153il de moins que d&rsquo;\u00eatre jet\u00e9 en enfer avec tout son corps ; \u00bb c&rsquo;est-\u00e0-dire, quoi qu&rsquo;il nous en co\u00fbte, quelque perte que nous fassions, nous ne devons pas laisser que de les quitter ; sans quoi, point de pardon.<\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-small-font-size\">Nous disons que la troisi\u00e8me marque d&rsquo;un bon propos, c&rsquo;est de travailler de tout son pouvoir \u00e0 d\u00e9truire ses mauvaises habitudes. L&rsquo;on appelle habitude, la facilit\u00e9 que l&rsquo;on a de retomber dans ses anciens p\u00e9ch\u00e9s. Il faut 1? veiller soigneusement sur soi-m\u00eame, faire souvent des actions qui soient contraires : comme si nous sommes sujets \u00e0 l&rsquo;orgueil, il faut s&rsquo;appliquer \u00e0 pratiquer l&rsquo;humilit\u00e9, \u00eatre content d&rsquo;\u00eatre m\u00e9pris\u00e9, ne jamais chercher l&rsquo;estime du monde, soit dans ses paroles, soit dans ses actions ; toujours croire que ce que nous faisons est mal fait ; si nous faisons bien, nous repr\u00e9senter que nous \u00e9tions indignes que Dieu se servit de nous, ne nous regardant dans le monde que comme une personne qui ne fait que m\u00e9priser Dieu pendant sa vie, et que nous m\u00e9ritons bien plus que ce que l&rsquo;on peut dire de nous en mal. Sommes-nous sujets \u00e0 la col\u00e8re ? Il faut pratiquer la douceur, soit dans ses paroles, soit dans la mani\u00e8re de nous comporter envers notre prochain. Si nous sommes sujets \u00e0 la sensualit\u00e9, il faut nous mortifier soit dans le boire, soit dans le manger, dans nos paroles, dans nos regards, nous imposer quelques p\u00e9nitences toutes les fois que nous retombons. Et si vous ne prenez pas ces pr\u00e9cautions, toutes les fois que vous recommettrez les m\u00eames p\u00e9ch\u00e9s, vous pourrez conclure que toutes vos confessions ne valent rien et que vous n&rsquo;avez fait que des sacril\u00e8ges, crime si horrible, qu&rsquo;il serait impossible de pouvoir vivre, si vous en connaissiez toute l&rsquo;horribilit\u00e9, la noirceur et les atrocit\u00e9s\u2026<br>Voici la conduite que nous devons tenir, en faisant comme l&rsquo;enfant prodigue, qui, frapp\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 ses d\u00e9sordres l&rsquo;avaient plong\u00e9, fut pr\u00eat \u00e0 tout ce que son p\u00e8re exigeait de lui pour avoir le bonheur de se r\u00e9concilier avec lui. D&rsquo;abord il quitta sur le champ le pays o\u00f9 il avait \u00e9prouv\u00e9 tant de maux, ainsi que les personnes qui avaient \u00e9t\u00e9 pour lui une occasion de p\u00e9ch\u00e9 ; il ne daigna pas m\u00eame les regarder, bien convaincu qu&rsquo;il n&rsquo;aurait le bonheur de se r\u00e9concilier avec son p\u00e8re qu&rsquo;autant qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9loignerait d&rsquo;elles : de sorte qu&rsquo;apr\u00e8s son p\u00e9ch\u00e9, pour montrer \u00e0 son p\u00e8re que son retour \u00e9tait sinc\u00e8re, il ne chercha qu&rsquo;\u00e0 lui plaire en faisant tout le contraire de ce qu&rsquo;il avait fait jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent . Voil\u00e0 le mod\u00e8le sur lequel nous devons former notre contrition : la connaissance que nous devons avoir de nos p\u00e9ch\u00e9s, la douleur que nous devons en avoir doivent nous mettre dans la disposition de tout sacrifier pour ne plus retomber dans nos p\u00e9ch\u00e9s. Oh ! qu&rsquo;elles sont rares ces contritions ! H\u00e9las ! o\u00f9 sont ceux qui sont pr\u00eats \u00e0 perdre la vie m\u00eame, plut\u00f4t que de commettre \u00e0 nouveau les p\u00e9ch\u00e9s dont ils se sont d\u00e9j\u00e0 confess\u00e9s ? Ah ! je n&rsquo;en sais rien ! H\u00e9las ! combien au contraire, nous dit saint Jean Chrysostome, qui ne font que des confessions de th\u00e9\u00e2tre, qui cessent de p\u00e9cher quelques instants sans quitter enti\u00e8rement le p\u00e9ch\u00e9 ; qui sont, nous dit-il, semblables \u00e0 des com\u00e9diens qui repr\u00e9sentent des combats sanglants et opini\u00e2tres, et semblent se percer de coups mortels ; l&rsquo;on en voit un qui est terrass\u00e9, \u00e9tendu, perdant son sang : il semblerait v\u00e9ritablement qu&rsquo;il a perdu la vie, mais attendez que la toile soit baiss\u00e9e, vous le verrez se relever plein de force et de sant\u00e9, il sera tel qu&rsquo;il \u00e9tait avant la repr\u00e9sentation de la pi\u00e8ce. Voil\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment, nous ditil, l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 se trouvent la plupart des personnes qui se pr\u00e9sentent au tribunal de la p\u00e9nitence. A les voir soupirer et g\u00e9mir sur les p\u00e9ch\u00e9s dont elles s&rsquo;accusent, vous diriez que vraiment elles ne sont plus les m\u00eames, qu&rsquo;elles se comporteront d&rsquo;une mani\u00e8re tout autre qu&rsquo;elles ne l&rsquo;ont fait jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. Mais, h\u00e9las ! attendez, je ne dis pas cinq jours, mais un ou deux jours, vous les retrouverez les m\u00eames qu&rsquo;avant leur confession : m\u00eames emportements, m\u00eame vengeance, m\u00eame gourmandise, m\u00eame n\u00e9gligence dans leurs devoirs de religion : H\u00e9las ! que de confessions et de mauvaises confessions ! Ah ! mes enfants, nous dit saint Bernard, voulez-vous avoir une v\u00e9ritable contrition de vos p\u00e9ch\u00e9s ? Tournez-vous du c\u00f4t\u00e9 de cette croix o\u00f9 votre Dieu, a \u00e9t\u00e9 clou\u00e9 par amour pour vous ; ah ! bient\u00f4t vous verrez couler vos larmes et votre c\u0153ur se brisera : En effet, mes fr\u00e8res, ce qui fit tant verser de larmes \u00e0 sainte Magdeleine lorsqu&rsquo;elle fut dans son d\u00e9sert, nous dit le grand Salvien\u2026, ce ne fut autre chose que la vue de la croix. Nous lisons dans sa vie, qu&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;Ascension de J\u00e9sus-Christ, s&rsquo;\u00e9tant retir\u00e9e dans une solitude, elle demanda \u00e0 Dieu le bonheur de pleurer toute sa vie les fautes de sa jeunesse. Apr\u00e8s sa pri\u00e8re, saint Michel archange lui apparut aupr\u00e8s de sa solitude, planta une croix \u00e0 la porte ; elle se jeta au pied comme elle avait fait sur le Calvaire, elle pleura toute sa vie avec tant d&rsquo;abondance, que ses deux yeux \u00e9taient semblables \u00e0 deux fontaines. Le grand Ludolphe rapporte qu&rsquo;un solitaire demandait un jour \u00e0 Dieu ce qui pourrait \u00eatre le plus capable d&rsquo;attendrir son c\u0153ur pour pleurer ses p\u00e9ch\u00e9s. Dans ce moment Dieu lui apparut tel qu&rsquo;il \u00e9tait sur l&rsquo;arbre de la croix, tout couvert de plaies, tout tremblant, charg\u00e9 d&rsquo;une pesante croix, et lui disant : \u00ab Regarde-moi, ton c\u0153ur f\u00fbt-il plus dur que les rochers des d\u00e9serts, il se brisera et ne pourra plus vivre \u00e0 la vue des douleurs que les p\u00e9ch\u00e9s du genre humain m&rsquo;ont caus\u00e9es. \u00bb Cette apparition le toucha tellement que jusqu&rsquo;\u00e0 sa ort, sa vie ne fut qu&rsquo;une vie de larmes et de sanglots. Tant\u00f4t il s&rsquo;adressait aux anges et aux saints, les priant de venir pleurer avec lui sur les tourments que les p\u00e9ch\u00e9s avaient caus\u00e9s \u00e0 un Dieu si bon. Nous lisons dans l&rsquo;histoire de saint Dominique, qu&rsquo;un religieux demandant \u00e0 Dieu la gr\u00e2ce de pleurer ses p\u00e9ch\u00e9s, J\u00e9sus-Christ lui apparut avec ses cinq plaies ouvertes, le sang coulait en abondance. Notre Seigneur, apr\u00e8s l&rsquo;avoir embrass\u00e9, lui dit d&rsquo;approcher sa bouche de l&rsquo;ouverture de ses plaies ; il en ressentit tant de bonheur, qu&rsquo;il ne pouvait comprendre que ses yeux pussent tant verser de larmes. Oh ! qu&rsquo;ils \u00e9taient heureux, mes fr\u00e8res, ces grands p\u00e9nitents, de trouver tant de larmes pour pleurer leurs p\u00e9ch\u00e9s, crainte d&rsquo;aller les pleurer dans l&rsquo;autre vie ! Oh ! quelle diff\u00e9rence entre eux et les chr\u00e9tiens de nos jours qui ont commis tant de p\u00e9ch\u00e9s ! et point de regrets ou de larmes !\u2026 H\u00e9las ! qu&rsquo;allons-nous devenir ? quelle sera notre demeure ? Oh ! que de chr\u00e9tiens perdus, parce qu&rsquo;il faut ou pleurer ses p\u00e9ch\u00e9s dans ce monde ou aller les pleurer dans les ab\u00eemes. \u00d4 mon Dieu ! donnez-nous cette douleur et ce regret qui regagnent votre amiti\u00e9 !<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hom\u00e9lie du cur\u00e9 d\u2019Ars prononc\u00e9e un dimanche de Passion Malheur \u00e0 moi, parce que j&rsquo;ai beaucoup p\u00e9ch\u00e9 pendant ma vie. (Des Conf. de S. Augustin, liv. 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